"Versailles, la vie dans le Grand Parc au temps de Louis XIV"
|  | Du 2 avril au 6 juin 2010
Exposition itinérante, gouaches de Thierry Bosquet Conçue et réalisée en collaboration entre l'intercommunalité Versailles Grand Parc, ses villes membres et l'association Les Amis du Grand Parc de Versailles, l'exposition des gouaches inédites de Thierry Bosquet met en lumière le Grand Parc d'autrefois.
De ce souffle donné au Grand Parc, domaine de chasse royale, le public pourra découvrir la richesse d'un passé, dans lequel s'ancre le "vivre aujourd'hui". Le territoire qui était hier ceint d'un mur de 43km et dont l'activité était régulièrement tournée vers la vie du château, est aujourd'hui celui de Versailles Grand Parc qui "partage non seulement la fierté de son passé, mais plus encore le désir de faire vivre aujourd'hui cet héritage". 
 | | Porte de la Boulie à Jouy-en-Josas |
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 | | Déjeuner de chasse dans la vallée près de Bièvres |
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 | | La Bièvre à Buc |
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 | | Taverne tenue par le Suisse de la porte de Jouy, ou de la Bièvre aux loges en Josas |
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Louis XIV décide un an après la chute de Fouquet de gouverner seul, d’imposer sa domination en donnant naissance au projet grandiose du Grand Parc de Versailles. Il connaissait le site pour y être venu de Saint-Germain-en-Laye avec son père, chasser au faucon. Mais ce n'étaient que des marais et Louis XIV détestait la chasse au faucon. Il entreprit alors des travaux de titan pour assécher la plaine et lui donner le caractère que nous lui connaissons. Le paysage est transformé : des crêtes boisées, des pâturages, des champs, des jardins fermés de murs et de haies qui permettent la culture de légumes, laitues pommées, cerfeuil, asperges, et arbres fruitiers produisant poires, figues, et même citrons ! Des mares et des étangs avec des moulins ponctuent le paysage tout comme les clochers autour desquels les maisons étaient à colombage, de petite taille, groupées, avec des fontaines et de grandes places de marché. Sur les jachères se nourrissaient des moutons, et les porcs étaient menés à la glanée dans les forêts de chêne. Dans les forêts qui sont agrandies, de nouvelles allées sont percées, des étoiles sont dessinées pour arriver à suivre des yeux les animaux traqués. Caprice de Roi, certes, mais comme il a modelé le paysage ! Le projet de création du Grand Parc voit le jour vingt années après que Louis XIV ait commencé à développer le château. A l’automne 1683 est prise la décision de clore de murs les environs de Versailles sur plusieurs dizaines de kilomètres, afin d’en faire un parc de chasse. La superficie en sera une fois et demie celle du Paris intra muros d'aujourd'hui. A l’intérieur de cette surface ceinte par un mur haut de plus de 3 m (construit en 18 mois !), des villages entiers, parfois importants s’y trouvent « enfermés ». 24 portes y sont percées afin d'en contrôler les accès. Elles seront gardées par des gardes suisses qu'on appelle des "Switzer". Ils auront le droit d'être, en plus, cabaretier. Aussitôt le mur achevé, le Roi interdit dans le Grand Parc toute activité industrielle (fours à chaux, tuilerie), afin de retenir le gibier. Des travaux importants seront entrepris dès 1684-1685, afin d’élever du gibier, des chevaux et des chiens pour les besoins de la chasse. Il va sans dire que le paysage s'est trouvé fortement modifié par tous ces aménagements, tout comme la vie des habitants, pour qui l’exploitation des terres et la circulation s’en trouvaient compliquées. Ainsi les routes commerciales de Paris vers la Bretagne ou la Normandie avaient été détournées, allongeant le transport des denrées, entravant le commerce. La création du Grand Parc fait suite aux projets versaillais ambitieux de Louis XIV qui avaient déjà commencé à modeler le paysage : prélèvement d’arbres et de matériaux, aménagement des cours d’eau, grands travaux hydrauliques, sans compter les plantations d'arbres créant des percées atteignant jusqu’à 90 m de large à travers champs, à perte de vue. A croire que le Roi Soleil, ou Le Nôtre, savait qu'au bord de la mer, la ligne d'horizon apparente est en fait à 8 kilomètres, la distance qui sépare la Galerie des Glaces de l’extrémité de l’Allée Royale !

 | | Le roi apprend à greffer les fruitiers avec JB de la Quintinie |
Lors de la création du Grand Parc les terres sont regroupées pour devenir le territoire de chasse du Roi. Les mises en culture ne sont pas destinées en priorité à nourrir les paysans qui travaillent la terre, ni les habitants de Versailles, mais au gibier qui peuple le domaine. Le Roi avait interdit toute activité autre que le travail de la terre, leur mise en culture, l’entretien des bêtes de somme et du matériel. Les habitants du Grand Parc, en dehors de quelques artisans ou commerçants, dépendaient des grands fermiers, ou des officiers royaux. Tous avaient la même obligation : respecter les contraintes spécifiques du Grand Parc, ce qui les privait en partie de leurs subsides. Tous avaient l’interdiction de chasser sur les terres royales, l'obligation de laisser sur pied une partie des récoltes pour nourrir le gibier en hiver. Les moissons devaient toujours tenir compte de présence de nids éventuels. Les chaumes ne pouvaient être ni coupés, ni ramassés avant le 1er octobre. …mais les braconniers veillaient ! Comme partout ailleurs, le travail se répartissait entre hommes et femmes avec, à la fin du XVIIe siècle, l’apparition d’un nouveau métier, que les femmes des manouvriers avaient vite adopté parce que fort lucratif : elles prenaient en nourrice des enfants (dits "de la main gauche"), en fait souvent de l'aristocratie, qui arrivaient par charrettes entières, en route pour les fermes de Normandie.

 | | Lavoir Saint-Nicolas à Rennemoulin |
L’eau tient une place essentielle à Versailles. Source de vie, elle est aussi source de prestige et Louis XIV mettra en œuvre les moyens nécessaires à sa maîtrise tout en tenant compte d’un fait incontournable : à l'origine, la plaine de Versailles n'est qu'un vaste marécage et le château a été élevé sur un promontoire interdisant, de fait, tout apport en eau vive. Il fallait donc commencer par drainer et domestiquer les rus qui avaient une fâcheuse tendance à inonder les terrains avoisinants. Puis, Versailles devenant une ville, il a fallu amener de l'eau pour la population. La Seine était le fleuve le plus proche mais en facheux contrebas : on fit appel à des ingénieurs belges – spécialistes des inondations dans les mines de la région liégeoise – pour construire un superbe appareil, la Machine de Marly, pour pomper l'eau à destination de Versailles. En fait, peu de litres parvinrent jusque-là, les cascades du domaine de Marly s'étant montrées trop gourmandes. On envisagea alors d'autres projets comme d’aller chercher l'Eure au-delà de Chartres, mais cela non plus ne fut pas réalisé. Enfin, on construisit un ensemble d'étangs dont on amenait l'eau à Versailles par l'aqueduc de Buc, superbe édifice à arcades plus important que le pont du Gard. Vu l'évaporation des bassins et le prix de l'eau aujourd'hui, la décision a été prise récemment de le restaurer et le remettre en service. "Panem et circenses", du pain et des jeux, disaient les Romains : Louis XIV allait offrir de l'eau et des jeux. En construisant le Grand Canal et en y donnant des fêtes nautiques, en créant fontaines et cascades, le Roi allait attirer à sa Cour tous les grands noms de France qui, jusqu'alors, avaient été des concurrents potentiellement dangereux de la Couronne. Cerise sur le gâteau : Versailles étant la seule capitale qui n'était pas sur un fleuve, il fallait prouver que cela n'empêchait pas d'être une puissance navale. D'où l'idée de faire construire des répliques de bateaux de guerre et de recourir …aux charrois de bœufs pour les amener jusqu'au Grand Canal.

 | | Tout près de l'hallali courant |
Le roi Louis XIV était un adepte de la chasse à courre et il développa beaucoup les forêts à cet effet, mais un vilain accident de cheval devait à jamais le priver du plaisir de remonter en selle. On se tourna alors vers la chasse à tir, d'où la création du Grand Parc. Il fallait pour cela une vaste superficie (8600 ha), la ceindre de murs (43 km) pour retenir le gibier, créer des faisanderies, transformer des fermes en chenils, etc…. Louis XIV chassait plus d’un jour sur deux et, si l'on en croit les écrits de l'époque, était un très bon fusil car on rapporte des tableaux de chasse où il aurait personnellement abattu près de 300 faisans dans la même journée. Il est vrai que l'élevage du gibier était organisé en conséquence, puisque l'on parle de lâchers groupés de 12.000 faisans et quasi autant de perdrix ! Ceci n'allait pas sans poser de grands problèmes aux agriculteurs locaux qui voyaient le type de culture imposé en fonction de la chasse, les récoltes endommagées par le gibier et les officiers des chasses qui veillaient au bien-être du gibier royal : tous les travaux des champs étaient soumis à leurs autorisations arbitraires. De plus, la création du Grand Parc et son enceinte royale ont obligé nombre de routes à être détournées, ce qui n'était pas évident quand on est sur l'axe principal Paris-Normandie. On comprend alors mieux le ressentiment populaire qui fit qu'à la Révolution, le mur du Grand Parc fut un des premiers édifices à être démoli. Comme partout ailleurs au XVIIe siècle, la religion rythme la vie dans le Grand Parc de Versailles. Les temps forts de l’Église catholique ( Avent, Noël, Epiphanie, Carême, Pâques, Ascension…) marquent la vie spirituelle, mais aussi la vie quotidienne (aucun mariage n’a lieu pendant le Carême et l’Avent et chaque jour, on suspend toute activité le temps de l'Angelus). Les prescriptions de l’Eglise sont rigoureusement suivies. Dans le paysage, on rencontre de nombreux édifices religieux, datant du Moyen Age qui sont transformés, remaniés et embellis. A ces églises, sont rattachés des curés qui gèrent les paroisses et ont obligation de tenir des registres paroissiaux. C'est en chaire qu’ils communiquent les ordonnances royales, les traités de paix, les événements touchant à la famille royale. Ce sont eux qui organisent des pèlerinages comme ceux qui se succédent à Saint-Fiacre pour que Louis XIII ait un héritier. C’est grâce à leurs témoignages, que nos historiens contemporains peuvent relire l'histoire de cette région. A côté de cette vie paroissiale, il faut également réaliser l'importance des ordres et congrégations religieuses qui, non seulement avaient une forte influence sur le plan religieux – comme tout le mouvement janséniste à l'Abbaye de Port-Royal que Louis XIV finit par dissoudre – mais étaient, dans la région, parmi les plus grands propriétaires terriens : les abbayes de Saint-Germain-des-Prés, Poissy n'étaient pas les moins bien loties. Parmi les Ordres, citons les Lazaristes qui furent très proches de Madame de Maintenon. Il y eut également des personnalités hors du commun qui marquèrent leur temps et la région. On ne peut pas évoquer Port-Royal sans penser à la formidable personnalité de Mère Agnès, citer le nom de Saint-Cyr sans voir apparaître la figure de Madame de Maintenon, gouvernante des enfants royaux et épouse secrète du Roi. Mais sait-on que Vincent de Paul fut le précepteur des fils Gondi à Noisy, le précurseur de ceux qui prodiguent des soins palliatifs et le fondateur de l'Ordre des Filles de la Charité, et que la deuxième maison de Charité qu'il a créée est toujours visible à Villepreux ? Pour comprendre le Versailles de Louis XIV, il faut, comme pour les Pyramides ou d'autres lieux mythiques, replacer ce que nous voyons dans un ensemble qui ne doit rien au hasard. Savons-nous, par exemple, que le Château est orienté de façon à ce que le jour de la Saint Louis, le soleil à son coucher, le traverse de part en part, suivant ce qu'il est coutume d'appeler La Grande Perspective, ou la Perspective Royale qui, à l'époque, avec près de 13 km était la plus grande d'Europe. Dans la construction de Versailles qui s’est étalée sur de nombreuses années, l’aménagement du Parc est l’œuvre de Le Nôtre. Son travail a modelé le paysage au-delà des grilles du domaine, puisqu’il a mis en œuvre une organisation fédérant l’ensemble du paysage. Là où nous ne voyons que de belles allées, Le Nôtre a plaqué sur un espace géographique, une véritable géométrie qui ordonne l’espace avec rigueur afin de lui conférer ordre et beauté. Une scénographie efficace hiérarchise du proche au lointain les parterres et paysages, et donne le sens de la profondeur. La rigueur des tracés cadre avec exactitude sur plusieurs kilomètres les points de fuite des différentes perspectives. A l'échelle des visions du Roi Soleil, Le Nôtre a créé ce que l'on appellera par la suite, le Jardin à la Française. 
 | | Le marché Notre-Dame à Versailles |
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 | | Le puits carrier de Chavenay |
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Le livre-catalogue de l'exposition est en vente à la Boutique du musée.
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Vous pouvez télécharger le communiqué de presse de l'exposition.... |
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